Théâtre : Tamazight indésirable à Guelma

Théâtre : Tamazight indésirable à Guelma

Les vieux réflexes sont de retour. Le directeur du Théâtre régional de Guelma a empêché une troupe théâtrale de Ait-Lahcen, de la wilaya de Tizi-Ouzou, de participer aux éliminatoires régionales (centre-Est) conduisant au festival national du Théâtre professionnel.

Le motif de l’interdiction ? La pièce est produite en tamazight.

Or, « tamazight n’est pas concernée » par le festival, indiquerait Ali Braoui, directeur du Théâtre régional de Guelma. Plus grave encore, selon le réalisateur Chikh Okbaoui, le responsable du Théâtre de Guelma a expliqué qu’il existe un « festival du théâtre amazigh à Batna ».

Selon des professionnels du secteur, le geste est gravissime. C’est le cas de Chikh Okbaoui, réalisateur, qui estime que de tels comportements doivent cesser. Le dramaturge, qui a déjà réalisé une pièce en tamazight intitulée « Azuzen « la berceuse » », rappelle que, pourtant, tamazight est devenue langue officielle lors de la dernière révision de la Constitution.

« Sommes-nous des indigènes pour être rejetés », s’indigne, également le comédien Reda Amrani sur sa page facebook. Son indignation est partagée par un groupe d’associations et de coopératives théâtrales de la wilaya de Tizi-Ouzou qui ont dénoncé, dans un communiqué, « le zèle et les dépassements dont a fait preuve le commissaire de la présélection du festival des Centre-Est, actuellement directeur du théâtre Régional de Guelma ». Elles dénoncent, également, « Les difficultés pour les troupes d’expression Amazigh participer à des spectacles en dehors de la Kabylie. » Selon des acteurs et comédiens, cette pratique n’est pas une première.

Selon des témoignages, les organisateurs du festival du théâtre amateur de Mostaganem ont signifié, en 2009, aux représentants des pièces jouées en tamazight qu’ils devaient « parler en arabe » pour que «tout le monde puisse comprendre». Les comédiens ont bien sûr refusé. Ce qui est étrange est que cet incident s’est produit quelques mois seulement après la consécration de tamazight comme langue officielle. Un statut qui ne lui permet pas de sentir chez elle partout dans le pays.

Ali Boukhlef | El watan
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Sofiane H.
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