Une statue à l’effigie de Mouloud Mammeri : « La capuche de l’abondance » dévoilée à Ath Yenni

Une statue à l’effigie de Mouloud Mammeri : « La capuche de l’abondance » dévoilée à Ath Yenni

La capuche de l’abondance », une statue en bronze à l’effigie de l’écrivain Mouloud Mammeri (1917-1989), signée Abdeslam Olivier Graine, a été dévoilée samedi 23 juillet à Ath Yenni, dans la wilaya de Tizi Ouzou.

Des représentants des autorités locales, des artistes, universitaires, d’anciens élèves de Mammeri, d’élus locaux et nationaux, de représentants de partis politique et de nombreux citoyens venus de plusieurs localités de la wilaya ont assisté à la cérémonie d’inauguration de cette oeuvre.

La statue, qui mesure 160 centimètres de haut et en profondeur, et 130 cm de largeur, est en bronze patiné. L’oeuvre est posée sur un socle d’une hauteur de 150 cm en roches brutes et naturelles extraites du giron du Djurdjura, montagne au flanc de laquelle s’agrippe Ath Yenni, à 900 m d’altitude.

L’Homme de lettre, l’ethno-anthropologue, fervent défenseur de l’identité Amazigh, auteur de la première grammairo-MAMMERI-570e de Tamazight, est représenté assis, face à sa Colline, « retenant de sa main gauche un feuillet, quand de la main droite, il ramène un pan de son burnous dans le creux duquel il retient ses feuilles que le vent emporte.

Dans son dos, la capuche du Burnous volumineuse, d’où le titre de l’oeuvre La capuche de l’abondance », selon une description faite à la conception de la statue par son sculpteur M. Graine, lui aussi enfant d’Ath Yenni.

Selon ce même artiste-sculpteur qui était absent à l’inauguration, « cette statue de style allégorique, qui est en rupture avec la statuaire officielle et les stèle-cimetières, mettra poétiquement en valeur le rôle décisif que Mouloud Mammeri a joué dans la récupération et le développement d’un pan essentiel de l’identité amazigh de l’Afrique du nord ».

L’œuvre a été implantée au lieu-dit Vava Hamza, à proximité du cimetière où est enterré le défunt écrivain, sur un site aménagé avec de la roche naturelle formant les contours de la carte géographique de l’Algérie, pour rappeler la dimension nationaliste de l’auteur du premier livre de Grammaire Amazigh (1976).

D’ailleurs, les murs de la ville d’Ath Yenni ont été tapissés de banderoles sur lesquelles sont écrites des expressions de Mouloud Mammeri mettant en exergue le nationalisme de l’écrivain, dont: « une république kabyle à non je ne la revendique pas. Je revendique l’unité de l’Algérie, mais je dis en même temps que les kabyles, avec les autres bien sur, forment la texture de l’unité nationale ».

Lors de la cérémonie d’inauguration de la statue, des intervenants ont tous souligné le combat de Mammeri pour une Algérie unie et forte de son Amazighité, lui qui disait « Quand je travaille à la berbérité, c’est à l’algérianité que je travaille, à quelque chose de tout à fait fondamental dans l’algérianité…Ma façon de vivre ma berbérité est à mon avis la façon la plus profonde, la plus authentique, la plus réelle de vivre mon algérianité… « .

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Sofiane H.
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