Conte Kabyle: Les aventures de Vèlâjoudh.

Conte Kabyle: Les aventures de Vèlâjoudh.

Vèlâjoudh est un héros des contes kabyles. C’est un jeune enfant espiègle, qui se moque de tout le monde, même de Teriel (l’ogresse). C’est son histoire que nous allons vous raconter aujourd’hui.

« A macaho, tellem chao ! » « que mon conte soit beau et se déroule comme un long fil » «  Que je vous conte une histoire, Dieu fasse qu’elle soit belle, longue et se déroule comme un fil !»
Vèlâjoudh, petit garçon facétieux, invente des situations loufoques, rien que pour rire et faire rire ses semblables.
Un jour, il décide de s’attaquer à Teriel (l’ogresse) qui hante sa contrée. Cette dernière devenue vieille est atteinte de cécité (thiderghelte). C’est en tâtons qu’elle cherche sa route et à tâtons qu’elle se sustente.
Vèlâjoudh attend Teriel (l’ogresse) juché sur un figuier qui n’appartient à personne et appartient en même temps à tout le monde. C’est pour cela d’ailleurs qu’on dit à propos d’un tel figuier ce proverbe :
« Am thnoqlets B-ouvrid’
Ouin âdan ad’ ikharef »
(Tout le monde a le droit de manger de ses fruits sans crainte)
La saison des figues est finie depuis longtemps. mais puisque Teriel est aveugle, Vèlâjoudh veut lui jouer un tour. Dès qu’il la voit au loin, il monte au faîte du figuier et se met à crier de toutes ses forces.
– Oui vghan ad’ikharef
Ad iâdi gher d’a
Thanoclets vèlajoudh
Thethour d’elfakia
(Celui qui veut manger des figues hors saison n’a qu’à venir ici, le figuier de Vèlâjoudh regorge de fruits !
Teriel intéressée s’approche, elle tâte les branches, mais point de fruits. Courroucée, elle cherche Vèlâjoudh qui s’était réfugié sur la plus haute branche. Elle l’attrape et le fait entrer dans l’outre qu’elle avait ramenée pour puiser de l’eau. Afin qu’il ne puisse s’échapper, elle ferme le goulot de l’outre avec des feuilles de vivras (oignon sauvage) faute de cordelettes.
Elle dépose l’outre avec Vèlâjoudh dedans, au pied du figuier et s’en va au ruisseau tout proche pour se désaltérer. Sentant l’odeur caractéristique du vivras, Vèlâdjoudh devine que c’est avec les feuilles de cette plante qu’elle a fermé l’outre.
Il se débat un cours instant et l’outre s’ouvre. Avant que Teriel ne revienne, il remplit l’outre « d’-ivaâlalachène » (petites pierres) ramassées sur place et court se mettre à l’abri sur un petit monticule qui donne sur la route et le figuier.
Après s’être désaltérée, Teriel met l’outre sur son dos. Elle est lourde, elle se dit que Vèlâjoudh ferait un très bon repas. Après avoir fait quelques pas, elle sent des douleurs dans son dos, elle demande à Vèlâjoudh de changer de position, afin que ses genoux ne lui fassent pas mal. Comme il ne s’exécute pas, elle se met à crier à haute voix :
– Ekès roukvath ik’
Seg zag’our iou a Vèlâjoudh !
(Enlève tes sales genoux de mon dos Vèlâjoudh!)
Comme il était hors de portée, il lui lance moqueur :
– Mouqel ma ligh d’akhel ouïdid’ !
(Regarde dans l’outre si j’y suis !)
Rageuse elle laisse tomber l’outre d’où s’échappent des pierres.
– Tu m’as eu petit garnement, mais tu ne perds rien pour attendre ! Je t’aurait un jour ou l’autre foi de Teriel !
Sorti indemne, Vèlâjoudh continue à faire des siennes. Il remonte sur le figuier et abuse les gens en leur faisant croire que l’arbre produit des fruits en toutes saisons.
Un jour occupé à déblatérer ses mensonges éhontés, il ne s’aperçoit pas de l’arrivée de Teriel. Elle le prend au collet et le cueille comme un fruit. Le met dans l’outre qu’elle noue cette fois-ci avec ses cheveux, aussi solides que des filins d’acier. Elle le met sur son dos et l’amène chez elle. Il a beau se débattre, il n’arrive pas à dénouer ou à casser les filins d’attache.
Arrivée chez elle Tériel le transborde dans un grand ak’oufi (silo domestique) et tâte tout son corps à travers l’ouverture d’aération. Elle le trouve bien maigre et décide de surseoir à le dévorer. pour l’engraisser elle lui donne :
« Thament d’oud’i
Ih’vouven lâli »
(Miel, beurre et figues triées)
Vèlâjoudh prend du poids, mais veut le cacher à Teriel pour accroître ses chances de survie.
Au bout de quelques jours de gavage, Teriel demande à Vèlajoudh de lui montrer sa main pour voir s’il avait grossi. En guise de main, il lui fait tâter le manche en bois de la cuillère avec laquelle il mange.
– Dyamen theqouredh am sghar !
(Tu est toujours aussi sec que du bois, on dirait que tu ne manges pas !)
Déçue Teriel referme le couvercle (thimd’elt ouk’oufi).
Quelques jours plus tard, elle procède à la même opération. cette fois-ci Vèlâjoudh lui fait tâter un manche en bois
– Daymen theqouredh am qechoudh !
(Toujours aussi sec Vèlâjoudh !) mais cela ne fait rien aujourd’hui même, tu vas servir de repas à mes invités.

La suite sur la page 2, juste au dessous. Merci

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