Cérémonie du 40e jour du décès de Hocine Aït Ahmed : des hommages et des messages

La cérémonie du 40e jour du décès de Hocine Aït Ahmed s’est déroulée ce samedi au Palais de la Culture de Moufdi Zakaria à Alger en présence de sa famille, de ses amis et de la direction du FFS. Elle a été marquée par des discours émouvants, des hommages et des messages politiques.

La dimension maghrébine de l’homme a été soulignée par ses amis de la Tunisie et du Maroc mais aussi par l’historien Mohamed Harbi. La contribution de ce dernier s’est articulée autour du « Maghreb dans la pensée d’Aït Ahmed ». Selon lui, Aït Ahmed « ne cherchait pas ce qu’on gagnait de la construction du grand Maghreb mais plutôt ce qu’on perdait du non-Maghreb ».

Le Tunisien Ahmed Ouanis a présenté un document de synthèse d’un débat sur la construction du Maghreb qui a eu lieu en 2009 entre lui, Baji Gaid Essebsi, d’autres hommes politiques tunisiens et Aït Ahmed à la demande de ce dernier.

Sihem Bensedrine, la militante des droits de l’Homme tunisienne ainsi que Ismail Alaoui, représentant des partis marocains ont également fait des interventions dans ce sens.

Répliques à Khaled Nezzar et révision constitutionnelle

L’actualité nationale et politique s’est également invitée à la cérémonie. Ainsi et dès la projection du film relatant la vie d’Aït Ahmed, deux messages politiques sautent aux yeux. L’un est relatif à la polémique qu’a suscitée la sortie médiatique de Khaled Nezzar niant avoir proposé à Aït Ahmed le poste de président.

Sur ce point, le documentaire apporte un nouveau témoignage d’Aït Ahmed, ce qui sonne comme une réponse à peine voilée de la part de la direction nationale du FFS. « Après le coup d’État, le pouvoir avait besoin d’un historique pour combler le vide politique. D’où le choix entre moi et Boudiaf », a déclaré Aït Ahmed dans la vidéo retraçant sa vie.

© TSADans le même documentaire, un message politique particulier à la veille de l’adoption de la constitution ce dimanche. «  Cette Constitution ne sortira pas le pays de l’impasse », clamait Aït Ahmed en 1996 lors des prépara

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tifs de la révision menée par l’ancien président Liamine Zeroual. Comprendre : la Constitution de 2016 va dans le même sens.

Hamrouche : « Assa Azeka Aït Ahmed Yela Yela »

Mouloud Hamrouche a également pris la parole. Il a qualifié Aït Ahmed d’« expert hors-pair des enjeux internationaux, un penseur et fin stratège ». Il est revenu sur son parcours de militant de la libération nationale en soulignant qu’il est « à la base de l’organisation spéciale (l’OS) qui a donné  l’ALN puis l’ANP ». Et d’ajouter : « Faut-il rappeler que la mise en place du GPRA est une proposition d’Aït Ahmed ? Pour lui, le GPRA a donné une autorité officielle. C’était surtout annoncer au monde la naissance de l’État algérien ».

« l’État que voulaient nos pères fondateurs dont Aït Ahmed était l’État démocratique et social. Le caractère social de l’État au même titre que la démocratie et l’islam et la souveraineté était les fondements de la lutte de libération nationale. Cessons de faire croire que la demande démocratique dans notre pays vient des USA ou de certains Printemps arabes », a ajouté Mouloud Hamrouche.

« Cet État démocratique et social est toujours en suspens. Notre système de gouvernance est d’un fonctionnement clanique réveillant des rivalités tribales qui fragilisent l’État et sa souveraineté », a conclu Mouloud Hamrouche avant de clamer « Assa Azzeka Aït Ahmed Yela Yela (Aujourd’hui et demain Aït Ahmed est toujours là) ».

La fondation Hocine Aït Ahmed

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Autre intervention, celle de Marie-Claire Caloz-Tschopp, philosophe suisse qui a beaucoup travaillé sur les questions de démocratie et paix à Lausanne en compagnie d’Aït Ahmed. Elle est d’ailleurs impliquée dans le travail de préparation de la fondation Hocine Aït Ahmed que va créer sa famille en Suisse.

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« Nous avons travaillé beaucoup, moi et mon ami Aït Ahmed, sur les questions de la paix, de l’exil, de la démocratie, du Maghreb et de l’Europe. La fondation que nous sommes en train de préparer va prendra en charge ce volet de la pensée d’Aït Ahmed surtout depuis l’avènement de l’Europe de police qui stigmatise les exilés », a-t-elle expliqué, soulignant qu’un travail de mémoire et de recherche est également dans le programme de cette fondation.

Imad Boubekri | TSA

 

 


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