Journées Slimane Azem : l'hommage d'une ville à son poète

Ces deux journées en hommage à Slimane Azem se sont terminées en apothéose, avec un Hall de Paris plein comme un œuf, public debout devant Mouss et Hakim et leurs musiciens. Leurs «Origines Contrôlée» d’un soir auront permis dans l’énergie et l’émotion de nous rendre compte ô combien le répertoire de Slimane Azem reste moderne, même plus de trente ans après sa disparition. Son neveu Bruno en a d’ailleurs fait son Graal : porter haut cette parole, et maintenir intacte la mémoire de cet immense artiste qui restera comme le symbole de ces trente glorieuses où des ponts ont été jetés au-dessus de la Méditerranée.

Ces deux journées organisées par Bruno Azem et Les Amis de Slimane Azem, avec le soutien de l’association Tactikollectif, auront donné des couleurs en ce froid week-end de janvier à la cité uvale. Beaucoup d’émotion, aussi. Avec la projection dès le vendredi soir du merveilleux film documentaire «Perdus entre deux rives, les Chibanis oubliés» de Rachid Oujdi, sur ces hommes immigrés de la première génération, esseulés en France dont Slimane Azem sera à la fois le témoin et le porte-parole au travers de ses chansons.
Le samedi au cimetière municipal, ils étaient nombreux, venus de France et même d’ailleurs (Valenciennes, Saint-Étienne, Lille, Paris, Alger, Espagne…), famille, amis de longue route et admirateurs, pour rendre hommage au poète kabyle qui vécut à Moissac les vingt dernières années de sa vie. Bruno y fit un discours vibrant, remerciant les présents «trois fois plus nombreux que l’année dernière», et promettant qu’il se battrait contre toute tentative de récupération de la parole de son oncle. Plus tard au jardin Slimane Azem, l’émotion a atteint son comble avec un chant initié par sa nièce Malika, et l’évocation de Moissac, ville d’accueil, par Muriel Valette, représentant la Municipalité. La famille, les amis étaient bien là, mais aussi quelques admirateurs anonymes, comme Belkacem et sa fille Laëtitia, venus de Lisle-Jourdain dans le Gers. Au Hall de Paris, l’exposition riche en disques, photographies et anecdotes a attiré du monde, ainsi que les interventions musicales de Kamel Bouyakoub et de Krimau et son équipe de Toulouse. Deux belles journées scellées par le concert mémorable d’Origines Contrôlée, que l’on retrouvera avec l’association Tactikollectif le 25 juin pour une journée consacrée à Slimane Azem dans le cadre du festival des Voix, des Lieux, des Mondes, comme l’a rappelé Salah Amokrane, représentant de l’association. Deux journées fortes en émotion, qui s’ancrent aujourd’hui dans le calendrier moissagais en janvier, pour l’anniversaire de la mort du poète, il y a 33 ans déjà.
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