Les jours, les mois et les années s’écoulaient ainsi, quand un jour enfin, le père d’Ali et de Djedjiga se vint à se rappeler ses deux enfants fugueurs, qui n’avaient jamais remis les pieds à la maison.

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Il en fut triste et peiné, son cœur s’attendrit à la pensée de ses deux enfants absents et de leur sort inconnu. Et le voilà donc qui, un jour, décide de prendre la route et de partir à leur recherche.

Il entreprit un long voyage, traversant les vallées, les collines, les montagnes et les rivières de la région. Dans chaque village où ses pas le portaient, il interrogeait les habitants s’ils n’avaient pas vu passer un garçon et une fille répondant aux noms d’Ali et de Djedjiga, et il décrivait ses enfants. Peine perdue, hélas ! Personne ne se rappelait avoir vu passer les deux orphelins.

Arrivé au village, où se trouvait le château du roi, il apprit qu’une très belle fille, qui était arrivée en compagnie de son frère, venait d’épouser le fils du roi, tandis que son frère s’était uni à la princesse fille du roi : l’alliance des deux enfants avec la cour royale ne pouvait certes pas passer inaperçue !

On lui indiqua le chemin à prendre pour aller au château du roi et il s’y rendit aussitôt. Il fut accueilli à bras ouverts quand le Maître de Maison apprit que ce visiteur était bel et bien le père des heureux élus de la Cour Royale ! Le Maître des lieux confirma au voyageur qu’Ali et sa sœur Djedjiga étaient mariés, depuis quelques années déjà, aux enfants du Roi.

Ali et sa sœur accoururent et embrassèrent pendant un long moment, en fondant en larmes, leur bien-aimé père, qu’ils n’avaient plus revu depuis de longues années.

Émerveillé, ce dernier éprouvait un immense soulagement en voyant que ses enfants, qui avaient tant souffert de la méchanceté de leur marâtre, étaient devenus des membres de la famille royale !

Le père des deux heureux élus du château demeura plusieurs jours avec ses enfants, et durant son séjours ils purent ainsi se raconter beaucoup d’histoires vécues de par et d’autre durant leur séparation. Les enfants avaient même demandé des nouvelles de leur demi-sœur Doudja, mais ils avaient totalement occulté l’existence de la méchante marâtre !

Le moment vint enfin où le père dut songer à repartir chez lui et quitter ses enfants qui désormais vivaient dans un paradis. En vérité, malgré toutes les intrigues de son épouse, le père n’avait jamais cessé d’aimer et de chérir les orphelins. D’ailleurs, lorsqu’il les quitta le lendemain, dès l’aube, il ne cessa de sangloter de peine.

La princesse avait fait confectionner des galettes et des friandises royales, de toutes sortes, par ses gouvernantes, pour les offrir à son père avant son départ.

Elle lui remit une galette spéciale, bourrée de louis d’or, pour son repas de voyage. Mais le père de Djedjiga ne se doutait de rien.

Il se rendra compte lui-même de cette surprise quand il coupera la galette au cours du voyage.

Mais le père naïf ne touchera pas, malheureusement, à cette galette précieuse !

Il attendra son arrivée à la maison, pour la remettre à sa méchante femme.

La marâtre, impatiente et curieuse, fouilla tout le sac de son mari : elle plia en deux la fameuse galette remise à part par son mari, et découvrit le trésor éblouissant !

Le père des orphelins raconta en détail combien étaient heureux et riches ses enfants, qu’elle haïssait tant et qu’elle avait rendus tellement malheureux, qu’ils avaient dû quitter le domicile paternel !…

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